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1 – En général
La question posée est l’accès au Juge pour faits
de crime de guerre. C’est un débat qui n’est pas
nouveau, mais qui se pose avec une acuité
particulière suite à l’agression d’Israël sur la
population de Gaza.
Les voies ouvrant vers une solution sont
essentiellement diplomatiques et économiques. La
voie juridique – communication ou procédure –
est importante mais doit être utilisée dans la
mesure où elle sert les deux principales voies
d’action.
La Cour Pénale Internationale reste un outil
juridique imparfait. Il est indispensable de la
saisir, dans la recherche de l’accès au Juge,
mais il faut veiller dans la communication à ne
pas susciter trop d’attente de cette
juridiction, notamment en soulignant qu’il ne
s’agit que d’une toute première étape d’un
processus juridique d’ensemble. D’ailleurs, les
premières plaintes individuelles de victimes
seront déposées dans la semaine devant un juge
français.
2 – La qualification
La première étape est un travail de
qualification. Il s’agit d’apporter la
démonstration devant l’opinion que l’agression
israélienne sur la population de Gaza est un
crime de guerre, au sens du droit international.
Il est essentiel qu’un très grand nombre
d’associations et de juristes partagent la même
analyse et le fassent savoir.
3 – L’accès au tribunal
Le but est d’obtenir l’accès à un tribunal pour
faire juger les crimes de guerre, et condamner
les dirigeants d’Israël. Il faut saisir la CPI parce
que la possibilité existe et parce que c’est une
étape indispensable dans la recherche d’un
tribunal. Si cette démarche n’était pas faite,
le reproche nous en serait fait par tous les
tribunaux que nous aurons à saisir.
·
Plaintes individuelles devant le
juge français
Des plaintes individuelles rédigées par les
familles seront déposées dans les jours qui
viennent devant les tribunaux de droit commun,
en France et dans d’autres pays européens. Le
Juge national est compétent pour enquêter sur le
dommage subi par un ressortissant national, par
exemple la famille française d’une victime
palestinienne, même si le fait a eu lieu dans un
autre Etat.
La question qui se posera sera celle de
l’immunité de juridiction des responsables
politiques. Le problème s’analyse en droit
européen à partir de l’arrêt Al-Adsani /
Royaume-Uni (CEDH, 21 novembre 2001). Cet arrêt
avait reconnu le privilège d’immunité, par un
vote obtenu à une voix de majorité (9 voix
contre 8) pour des griefs de torture, mais la
jurisprudence est ç faire s’agissant de crimes
de guerre, qui mettent en cause l’ordre public
international. La question posée est de savoir
si l’immunité peut interdire l’accès au Juge en
cas de crime de guerre malgré l’article 6-1 de
la Convention Européenne des Droits de l’Homme.
Mais pour demander cet accès au Juge sur le
fondement européen, il faut avoir utilisé toutes
les voies de recours, et la plainte CPI est
indispensable au moins dans cette perspective.
·
Plainte des associations devant
la Cour Pénale Internationale
La plainte devant la CPI est indispensable pour
son intérêt propre, et comme préalable aux
difficultés qui sortiront des procédures devant
le juge national.
L’Autorité palestinienne porte plainte elle
aussi, en réunissant toutes les composantes
politiques.
La Bolivie va porter plainte en tant qu’Etat
(art. 14).
La plainte des associations est recevable au
titre de l’article 15.1 qui permet aux
organisation non étatique de transmettre des
renseignements au Procureur aux fins d’enquête.
Nous demandons au Procureur de réviser la
position adoptée dans d’autres affaires (Guerre
du Liban 2006) pour tenir compte de la situation
particulière de la population de Gaza,
fragilisée par le blocus, ne disposant pas
d’armée régulière et n’ayant aucune possibilité
de fuir. L’absence d’Etat place cette population
sous la protection des instances
internationales, et la CPI doit en tirer des
conclusions spécifiques.
L’article 25 du statut permet de poursuivre tous
ceux qui ont pris une direction effective dans
la commission des faits. Or, l’armée israélienne
comporte nombre de bi-nationaux, et la seconde
nationalité peut ressortir d’un des 110 Etats
parties à la CPI, ce qui assure la compétence de
la CPI.
De ces éléments, il ressort que le Procureur
dispose d’une base raisonnable pour ouvrir une
première enquête.
Si le Procureur devait rejeter la requête, il
serait établi que le droit au Juge passera alors
par les voies nationales et européennes et les
recours structurés en ce sens.
4 - Pistes de travail
Le dépôt de la plainte marque le début du
processus.
·
Investigations sur place
En lien avec ces démarches, trois groupes vont
réunir les informations sur place : juristes,
soignants, médecins légistes
Egalement, va partir un groupe compétent pour
les questions d’armement.
·
Preuves à constituer
Nous devons cibler notre effort sur tout ce qui
établit la réalité des crimes, en décrivant les
attaques aussi précisément que possible.
L’inclinaison naturelle nous encourage à
témoigner pour les victimes, alors que
l’essentiel est d’apporter des preuves sur les
agresseurs.
Ø
Inventaire des biens détruits
Dans la guerre les objectifs doivent être
militaires. Aussi, nous devons établir la liste
des objectifs non militaires qui ont été
détruits.
Ø
Armement
La question des armes utilisées est essentielle.
Tous les renseignements sont bienvenus.
Ø
Double-nationalité dans l’armée
C’est un élément déterminant de la « base
raisonnable » qui est la condition de l’enquête
aux termes du statut. Nous devons chercher à
être très précis sur ce point. Nous avons besoin
de toutes les informations permettant d’établir
la réalité de la double nationalité dans l’armée
israélienne.
Ø
Analyse de la presse
Il s’agit de recenser le plus
largement les échos venant de la presse
s’agissant de faits précis qui témoignent de
l’intention criminelle. Par exemple, au début de
l’agression un ordre a été donné de lâcher un
bombardement vers 11 H 30, soit à l’heure de
sortie des écoles. Ces éléments accusatoires
sont de première importance.
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